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| Abdel Bouhazama : "Si la FRMF ou un club se manifeste, je serais à l’écoute" |
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| Samedi, 28 Avril 2012 |
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Le 15 avril 2O12 Abdel Bouhazama, coach des U19 de Saint Etienne, a réussi l’exploit de se qualifier pour la finale de coupe Gambardella.  Au Stade de France, devant les caméras de télévision (match retransmis sur France 4) et en lever de rideau de la finale de la coupe de France, le 28 avril prochain, les jeunes stéphanois et leur entraineur auront l’occasion de remporter un trophée qui leur avait échappé en 2011. Une belle récompense qui pourrait sanctionner les bons résultats de l’ex professionnel franco-marocain de 43 ans, titulaire des diplômes d’entraineur et de formateur, dont le contrat arrive à échéance au 30 juin 2012.
Marocfootball.info : Quels ont été vos premiers sentiments après cette qualification pour la finale de la coupe Gambardella ? Abdel Bouhamaza : Beaucoup de fierté personnelle et pour le club de l’AS Saint-Etienne. J’ai la chance d’être le coach des U19 et je profite de tout le travail effectué par la formation stéphanoise. Je m’inscris dans ce collectif. C’est la deuxième fois d’affilée que mon équipe se qualifie pour la finale au Stade de France. Nous nous sommes finalistes alors qu’au départ, il y avait de grosses écuries comme Rennes, Lille, le PSG, Lyon, Nantes. Avec neuf participations pour une finale de Gambardella, le club détient le record national.
Cette qualification a-t-elle été plus difficile à obtenir qu’en 2011 ? AB : Il est toujours difficile de se qualifier pour une finale. Nous n’avons pas surclassé nos adversaires mais nous méritons d’être là . Nous avons cinq joueurs qui ont participé à l’épopée de l’an passé. Ils ont emmagasiné l’expérience qui nous a été utile dans les temps faibles. Sur certains matches, ils ne se sont jamais affolés en transmettant à leurs coéquipiers un discours positif. La pression était très forte car tous nos adversaires voulaient battre le finaliste de l’édition 2011.
Jouer une seconde finale de suite vous confère-t-il le statut de favoris ? AB : Honnêtement, non ! Le plus important sur un match et dans le panthéon du football qu’est le Stade de France est la gestion des émotions. C’est difficile de savoir comment les jeunes vont vivre l’événement. Qui plus est en lever de rideau de la finale de la Coupe de France et devant le public lyonnais (ndlr, l’Olympique de Lyon, rival historique de Saint Etienne, s’est qualifié pour la finale de la Coupe de France). Il faut que mes joueurs prennent du plaisir. Nous n’avons rien à perdre mais tout à gagner. Je dois leur apporter de la sérénité et de la détermination. Il ne faut pas jouer le match avant mais être performants le jour du match. Une finale se gagne avant tout. Je pense donc que cela reste du 50-50.
Vous allez rencontrer l’OGC Nice que vous avez battu par deux fois en championnat. Est-ce un avantage psychologique ? AB : Nous les avons battus sur des scores étriqués (2-1). Je vais me servir de ces matches de championnat et tenter de mettre les Niçois dans le doute. Toutefois, les équipes pour la finale seront différentes. Je récupère cinq joueurs qui évoluent en CFA (4ème division) tandis que Nice fait également descendre quatre éléments.
Y a-t-il méthode d’Abdel Bouhazama ? AB : Je suis un peu tout à la fois : un père de famille, un copain, un entraineur. J’ai un discours de vérité avec les adolescents. Je suis juste et franc. En tant qu’éducateur, je suis un référent. En étant droit et honnête, le message passe mieux. J’ai 25 joueurs à ma disposition et je ne dois pas leur mentir. Je leur dis qu’ils ne vont pas tous réussir et que peu passeront professionnels. Je suis entier dans mon fonctionnement. Je les éduque comme je le fais avec mes enfants. Je prône le travail, le respect, l’humilité et l’identification au club. Je sanctionne de la même manière le très bon ou le moins bon joueur en cas de retard par exemple.
Vos résultats sont ils conformes aux objectifs assignés par vos dirigeants ? AB : Notre rôle est avant tout de former des hommes en cas d’échec sportif. Ensuite, nous avons pour mission d’amener le plus grand nombre de joueurs au niveau de l’effectif professionnel. Enfin, nous avons l’ambition de gagner la coupe Gambardella. En début de saison tous les techniciens cochent la date de la finale de la coupe. Au départ 800 clubs, dont 40 centres de formation, sont inscrits dans cette compétition. Cela démontre la difficulté de la tâche. Nous jouons en lever de rideau de la finale de la coupe de France devant les caméras de la télévision et dans un stade affichant complet. Cet objectif est important car il met en lumière la formation stéphanoise.
La médiatisation dont vous faites l’objet vous ouvre-t-elle des opportunités professionnelles ? AB : Il est vrai que les journalistes me sollicitent plus et que cela me met en avant par rapport à mes collègues. C’est d’autant plus gratifiant que nous ne sommes pas beaucoup de marocains à réussir à ce niveau. Cela n’est pas le fruit du hasard mais des résultats que j’ai obtenus depuis deux ans. Je remercie Saint-Etienne qui me permet de mettre en valeur mes méthodes.
Où en êtes-vous contractuellement avec votre club ? AB : Je suis en fin de contrat au 30 juin 2012. J’ai rencontré mes dirigeants qui ont manifesté leur intérêt de me conserver. J’ai l’envie de rester mais nous sommes encore au stade des négociations. Je ne ferme pas la porte à aucune opportunité venant d’ailleurs. Ce n’est pas l’aspect financier qui me guide mais un projet sur trois-quatre ans car je suis attaché à la continuité dans le travail. Mon cas personnel est cependant secondaire par rapport à la finale que nous devons disputer samedi.
Avez-vous un plan de carrière ? AB : Je suis dans la formation depuis dix ans. J’ai de l’ambition car je veux savoir ce dont je suis capable à un autre niveau. Travailler pour la formation, c’est s’ancrer sur le moyen-long terme alors qu’avec les adultes, il y a une remise en question chaque semaine. J’aimerais procéder par étape. D’abord en tant qu’adjoint d’un grand entraineur d’une équipe professionnelle. Je voudrais voir si ma pédagogie fonctionne avec les Seniors en commençant avec une CFA (4ème division) ou une Nationale (3ème division). Je suis également ouvert au travail avec les U19 ou U20 pour une sélection nationale marocaine. Quand je vois ce que fait Nasser Larguet au Maroc, c’est bien ! Il peut s’identifier à son pays et redoubler d’efforts pour bien faire.
Suivez-vous l’évolution du football au Maroc ? AB : Je suis la Botola Pro sur la chaine sportive marocaine. Le niveau s’améliore, les clubs se structurent avec la construction de nouveaux stades. Les clubs essaient de mettre en place des centres de formation. C’est une bonne dynamique pour le championnat. C’est important pour le pays que le MAS de Fès ait décroché les titres africains l’an passé. Je sais que la fédération met en place une politique avec les jeunes qui devrait porter ses fruits d’ici 5-6 ans.
L’échec des Lions de l’Atlas lors de la CAN 2012 vous a-t-il surpris ? AB : Malheureusement, ils ont raté leur compétition. C’est bien que la fédération ait conservé Eric Gerets pour la stabilité et la continuité dans le travail. A partir de là , un bilan pourra être fait.
Beaucoup d’observateurs n’ont pas compris qu’il ait été maintenu ? AB : Le groupe dans lequel est tombé le Maroc était difficile. On a vu la patte du coach et l’équipe n’a pas démérité. Il faut le laisser travailler et qu’il aille au bout de ses idées. S’il n’obtient pas les résultats escomptés, il faudra tourner la page. Nous avons une très belle génération de joueurs. J’espère qu’on va gagner des titres et que les joueurs feront honneur au football marocain.
L’idée de venir poser un jour vos valises au Maroc est-elle envisageable ? AB : Je pose souvent mes valises pour les vacances. Alors, oui ! La France est reconnue pour sa qualité en matière de formation et l’expérience emmagasinée peut servir à mon pays d’origine. Si on m’appelle, je n’y serais pas insensible. Quand je vois ce qu’apporte Nasser Larguet, je me dis pourquoi ne pas m’inscrire dans cette logique ? Mais tout est histoire de mektoub ! Si la fédération ou un club se manifeste, je serais à l’écoute. Si nous partageons les mêmes valeurs, les mêmes objectifs dans le travail, il peut y avoir un bout de chemin à faire ensemble. Ce serait un honneur et une fierté pour moi !
Entretien réalisé par Nasser Mabrouk |
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