CAN 2012 : Une déception à oublier pour avancer Imprimer Envoyer
Samedi, 04 Février 2012

Les amoureux du football marocain ne pourront pas éviter de se poser la question suivante : Comment une équipe talentueuse, correctement préparée, considérée comme une des favorites de la compétition a-t-elle pu échouer si lamentablement ?


La question est douloureuse et la réponse est difficile à trouver  mais, heureusement que le temps, cet efficace remède, peut cicatriser les plus profondes déchirures.


Néanmoins, il est nécessaire de sortir de sa torpeur pour essayer de reconstruire sur les ruines d’une participation totalement ratée.


Car, un jour, inévitablement, le football marocain retrouvera son lustre d’antan.


Un bref rappel historique

Nous sommes en 2010 et l’entraineur français Roger Lemerre, après avoir compromis la qualification du Maroc pour CAN-CM 2010, quitte le navire en laissant  la sélection dans un état lamentable : indiscipline, clanisme, moral au plus bas et aucune visibilité. Il est remplacé, dans la hâte et la précipitation par un quatuor de techniciens marocains qui gèrent le quotidien en attendant la double élimination officielle.


Après cette débandade, la FRMF engage le belge Eric Gerets qui, en attendant sa libération par le club saoudien d’Al Hilal, confie les rênes de la sélection à son adjoint, Dominique Cuperly.


Ce dernier réalise du bon travail en colmatant les brèches et en effectuant un choix plus rigoureux des joueurs à sélectionner. Les résultats ne se font pas attendre : l’équipe nationale, qui joue sa place dans la CAN 2012 contre l’Algérie, la République Centrafricaine et la Tanzanie, obtient une victoire importante à l’extérieur contre la Tanzanie (1-0). C’est le déclic!


Quand Gerets arrive, il trouve une équipe déjà mise  sur pied par  Cuperly. Grâce à son charisme, il va apporter plus de discipline, plus de rigueur, plus de cohésion ainsi qu’une mentalité orientée vers les victoires. Il va constituer son groupe de joueurs avec un noyau dur sans fermer la porte à d’autres joueurs, éventuellement.


Son premier match officiel est un revers (1-0, contre l’Algérie à Annaba) mais cet échec ne suscite  aucune réflexion ni analyse; il passe presqu’inaperçu d’autant plus qu’un mois plus tard, le Maroc se rachète brillamment en écrasant l’Algérie (4-0, à Marrakech). Le printemps  de la sélection marocaine venait de commencer.  Il s’en suivra d’autres belles victoires (2-0 contre le Sénégal, à Dakar puis 3-1 contre la Tanzanie, à Marrakech). Le Maroc se qualifie pour la CAN 2012.


Gerets profite ensuite du tournoi LG Cup pour tester de nouveaux joueurs (Amrabet, Amsif,  Boukhriss et Mrani) qui vont intégrer le groupe pour constituer les 23 sélectionnés pour la CAN.


Les responsables de la fédération, en concertation avec Gerets, choisissent la belle station balnéaire de Marbella, en Espagne, pour se préparer en toute sérénité.


L’œil du tigre

Tous les joueurs semblaient en pleine forme, même ceux qui avaient l’habitude de cirer les bancs de leurs clubs et l’esprit bon enfant qui régnait avaient rassuré le public marocain qui rêvait de son deuxième sacre africain.


Mais comme dans le film «Rocky III», ce délicieux séjour a fait perdre  aux joueurs  cet «œil du tigre» indispensable aux grandes batailles.


Les jeunes et talentueux joueurs de la sélection marocaine (Benatia, Belhanda, Boussoufa, Amrabat, etc.) vont découvrir à leurs dépends que le talent ne suffit pas pour réussir une compétition aussi relevée que la CAN.


Au talent inné, il faut ajouter un mental d’acier, beaucoup de combativité et une continuité dans l’effort.


Une bonne partie des joueurs l’aura surement compris, après les deux défaites contre la Tunisie (1-2) et contre le Gabon (2-3). Le Maroc quitte la CAN par la petite porte mais il en sort riche d’expériences qu’il faut fructifier pour éviter les erreurs du passé.


Les erreurs à éviter

Contrairement aux autres années, il ne faut pas repartir à zéro car un grand travail  d’assainissement a été effectué malgré l’ampleur de ce premier échec. On ne bâtit pas une grande équipe en une année surtout après des années d’approximations et de déboires en tous genres.


Il faut maintenir Gerets à son poste même s’il a commis quelques erreurs (l’erreur est humaine) ; il faut surtout éviter de tomber dans le dénigrement comme l’ont fait  ses détracteurs et les  envieux de son salaire (rappelons que le salaire aussi important soit-il obéit à la loi de l’offre et de la demande). Gerets, à mon avis, n’est pas un mercenaire; il  est honnête, compétent et a la volonté de bien faire. De plus, il a sûrement beaucoup appris de ses échecs  alors ne privons pas le football marocain de ses services pour assurer une continuité indispensable à une construction de longue haleine. Il faut offrir une nouvelle chance à ce lion blessé et assoiffé de revanches à moins d’avoir de meilleures solutions à proposer.


Des échéances importantes et imminentes

D’importantes échéances : JO 2012, CAN 2013 et coupe du monde 2014 attendent le football marocain; c’est pourquoi, ce n’est pas le moment de chambouler tout le système.


Le Maroc vient de rater lamentablement la CAN 2012 comme il avait raté celles de 2006 et 2008 mais, contrairement aux deux précédentes, le public marocain a décelé des améliorations notables même si elles ne se sont pas concrétisées au Gabon.


Il est clair qu’il faut assainir en écartant certains joueurs qui ne se sont pas montrés à la hauteur des attentes ou d’autres atteints par l’âge et renforcer le groupe par les éléments qui vont briller durant les JO; il faut également donner plus de responsabilités aux joueurs de la Botola qui se distinguent comme le gardien Znaiti, El Khaliqui, Boukhriss, etc.


Et comme le dit le dicton «Un échec, s’il ne te tue pas, te rend plus fort».

 

Par Radouane Bnou-nouçair


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